Translate

samedi 19 novembre 2011

Namaste !


Nous sommes le 06 octobre, on y est presque... Nous survolons « le Toit du Monde » avant  d'atterrir sur la piste de l'aéroport de Kathmandu. Bienvenue au Népal....
En chemin pour le centre ville situé à 6/7 km, le tableau est tout de suite dressé, nous sommes confrontés à la réalité du pays. Sur les bas côtés, détritus, chiens galeux et vaches sacrées errantes se mêlent aux marchands de fruits et légumes, de cigarettes, de quincailleries ou encore de tissus.
La route pourtant bitumée montre de grands signes de fatigue, trous et bosses nous secouent comme des pruniers dans ce taxi qui nous conduit tout doucement vers Kathmandu. Nous slalomons dans cette circulation très anarchique malgré la présence de policiers à chaque grand carrefour. Voitures, camions, bus, motos, vélos chargés de fruits, charrettes.. tous essayent de se frayer un chemin, c'est la loi du plus fort et l'usage du klaxon est incessant et surtout intempestif. Ce sera notre bruit de fond au quotidien et à longueur de journée, chaque minute sera ponctuée de multiples avertisseurs sonores aigus et agressifs (surtout ceux des motos). Difficile d'y faire abstraction, mais avec le temps … ??!!
Kathmandu et sa période hippie est bien révolue, malgré quelques touristes qui veulent encore y croire !! Il suffit de se rendre dans le quartier Thamel pour tout de suite se rendre compte que ce passé s'est substitué à notre époque beaucoup plus mercantile. Successions de boutiques pour équipements de treks (incontournable ici), restaurants, boutiques souvenirs et guest-houses ont envahis les lieux. Il faut être plutôt matinal (6h30 – 7h00) et se rendre sur Durbar Square via les nombreuses rues étroites de la ville pour pouvoir enfin palper la vie quotidienne des citadins Népalais. Des étales en tout genre sont disposés à même le sol , les odeurs d'encens, de fruits et légumes, de friture se mélangent à la pollution ambiante qui nous pique un peu à la gorge le tout dans un capharnaüm « des plus organisé » !! Chacun s'y retrouve, le marchand imperturbable accroupie, attend paisiblement la prochaine vente. Parfois, certaines scènes de la vie quotidienne relèvent de la « Cour des Miracles »
Nous arrivons enfin sur cet ensemble de temples, palais et pagodes qui caractérisent les anciennes cités Hindo-Bouddhistes et leurs architectures très particulières ornées de sculptures, inspirées de ces deux religions, notamment des scènes érotiques.
Pour la fin octobre, dans les rues de Bhaktapur, nous assistons à l'un des nombreux festivals du pays, Tihar, le Nouvel An Népalais célébré sur plusieurs jours, et notamment avec la fête des lumières. Instants magiques et spirituels parallèles à un bouillonnement, atmosphère propre à ce pays qu'est le Népal !!!





mercredi 26 octobre 2011

Trek du Langtang


Nous sommes enfin arrivés à Shyapru Besi (1 460 m d'altitude), point de départ de notre trek. Dès l'aube, revenus de nos émotions de la veille, et après un bon petit déjeuner, nous voilà en chemin en compagnie de Prakas notre guide (ancien porteur, d'origine Chettri) et Tilak notre porteur (âgé de 57 ans, exerçant cette profession pour compléter sa maigre retraite militaire). Toutefois, nous nous sommes arrangés à ne lui léguer qu'une charge de 10 kilos maximum contrairement à d'autres trekkeurs qui n'ont aucun scrupule à charger leurs porteurs d'énormes sacs de près de 40 kilos. Où est l'éthique et la morale dans ce cas ?!!! Nous croisons aussi ces nombreux Sherpas parcourant régulièrement la montagne, chargés comme des mulets (parfois jusqu'à 120 kilos !!) pour ravitailler les villages, chaussés uniquement de sandales ou de mules de plage. Le plus jeune d'entre eux doit avoir maximum 12 ans. Cela vous remet très vite en question, on culpabilise à l'idée d'être un touriste pour lequel notamment, tous ces sherpas « triment » pour ravitailler les « Guest-House » dans lesquelles nous nous arrêtons pour nous reposer et nous sustenter ! Plus l'on grimpe et plus les tarifs sont élevés, mais c'est largement justifié.
Notre première étape se fait à  Lama Hotel (2 740 m d'altitude), parcours assez difficile avec beaucoup de marches irrégulières (plutôt casse-patte!), un peu plus de 1000m de dénivelé, paysage souvent en forêt subtropicale, végétation luxuriante, surplombant la rivière et ses torrents. Deuxième journée de marche, direction Langtang (3 430m d'altitude), superbe village habité par les Tamangs, orginaires du Tibet , ayant fuit la répression Chinoise et la famine parfois (Namaste ! devient Tashi Delhek !). Le parcours est un peu plus varié, nous découvrons les premiers sommets enneigés, quelques passages difficiles et abrupts, mais les paysages sont de plus en plus spectaculaires, sans oublier la multitude de drapeaux à prières. Nous franchissons la barre des 3 000 m d'altitude, le pas se fait beaucoup lourd, la respiration est un peu plus courte et la digestion plus difficile. Rien que le fait de se baisser pour lasser ses chaussures devient un marathon !! Il faut s'adapter et apprendre à effectuer le moindre geste beaucoup plus lentement.
Après Langtang, nous rejoignons le village de Kyanjin Gumba (3 870 m d'altitude), ascension de 400 m seulement, ce qui est conseillé dès 3 000 m. En chemin, nous longeons les murs de prières, « Om Mani Padme Hum » « Salut à Toi, Ô joyau émanant de la fleur de lotus » mantra le plus sacré du bouddhisme Tibétain et calendrier gravés sur la plupart des pierres.
Nous passons 2 nuits sur ce plateau dans un environnement aussi fabuleux que spirituel, encerclé par ces montagnes. Notre hôtel, la « Small Star Guest-House » (seulement 2 chambres doubles), pourrait se targuer de 3 étoiles. Ambiance cosy, vue imprenable sur les sommets enneigés du Langtang, accueil très chaleureux et de bons petits plats préparés avec amour au feu de bois que nous dégustons en compagnie de nos deux « cousines »  Québécoises avec qui nous nous amusons à  échanger des expressions bien de chez « nous autres » et de chez elles !!.
Vraiment nous apprécions de partager le quotidien de cette petite famille Tamang dont l'ainé des deux fils parle très bien l'anglais à seulement 13 ans. Il nous explique qu'il va à l'école à Kathmandu et qu'il rentre à peu près tous les mois. Quand on pense aux journées de marche qu'il doit parcourir pour ensuite prendre ce fameux bus local !!! Nous croisons les doigts pour qu'il puisse atteindre son objectif : exercer dans les sciences.
Après ces deux superbes journées, malheureusement, il est temps de rebrousser chemin, et en une seule étape nous regagnons directement « Lama Hotel » via le village de Langtang soit une descente de 3 870 m à 2 470 m d'altitude. Les descentes, plus douloureuses pour les articulations, Stéphanie en fait légèrement les frais (début d'une légère sciatique!). Comme nous devons ménager notre monture, nous passons une nuit supplémentaire à Thulo Shyaphru (2 250 m d'altitude) avant de rejoindre Dhunche (1 960 m d'altitude) via le village de Barbal en empruntant un chemin de randonnée surplombant de superbes cultures en terrasse (riz et millet). A Dhunche nous retrouvons comme prévu, Thomas et Nora, avec qui nous rentrons sur Kathmandu en 4X4, pour le plus grand confort de tous et surtout pour plus de Sécurité malgré encore quelques passages difficiles (nouveaux éboulis et gadoue) compte tenue des pluies de la nuit précédente. En bref, MEMORABLE ce trek. Nous tenons aussi à remercier Tilak et Prakas notre porteur et guide, aussi adorables qu'attentionnés.
(Voir vidéo  dans rubrique Articles 2016)

Autobus "Non Imperial" !


Après avoir sondé quelques agences de Trek dans Kathmandu (sachant qu'il en existe plus de 300 avec des services plus ou moins fiables) et, en fonction de nos envies et de notre budget, nous nous sommes laissés séduire par celui du Langtang. Situé au Nord de Kathmandu à la frontière avec le TIBET il est un des moins fréquenté car plus difficile d'accès. Nous en faisons « l'Effrayante expérience ». En effet, une centaine de kilomètres seulement sépare Kathmandu du point de départ « Shyaphru Besi », mais le trajet va durer une bonne douzaine d'heures !! Et pour cause, nous sommes dans un bus local déjà bondé depuis Kathmandu, mais il s'arrête dans le moindre village et sur les bords de route pour prendre encore des passagers. Imaginez un peu, à l'intérieur nous sommes entassés les uns sur les autres, assis sur des sièges défoncés, toute l'allée est également occupée. Pas le moindre mètre carré au sol de l'habitacle est libéré, chaque arrêt devient interminable et irrespirable. A l'extérieur, il y a autant voir plus de passagers assis sur le toit, et parfois, accrochés aux échelles latérales et arrières du bus. A la moindre aspérité de la route le bus vacille de gauche à droite, les copilotes guident le chauffeur à la croisée d'un autre véhicule en sifflant ou en tapant sur la tôle. Mais le pire reste à venir.... Après une route plus ou moins asphaltée, en piste « pour le pire ou le meilleur » , nous avons la chaire de poule, l'adrénaline est à son comble, nous perdons notre sang froid, notre dernière heure est peut être pour bientôt ? Nous prions notre St Christophe !! Nous sommes sur une piste en relief, défoncée, sans garde fou et elle surplombe 1 000 mètres de précipice. Les premiers passages se font au centimètre près, et le bus se balance tel un métronome qui mesure le battement de la chamade (tic, tac, tic, tac...). Les occidentaux semblent beaucoup plus tendus que les Népalais. Pour eux c'est leur lot quotidien, c'est presque même un amusement de sauter du toit du bus avant le prochain obstacle. Nous, nous sommes coincés dans ce bus, à la merci du chauffeur lequel nous conduit en tongs !!! Et nous voilà arrêtés, tout le monde descend (Ouf, nous prenons un peu l'air et reprenons un peu notre esprit) . Un camion est coincé, incapable de grimper une côte avec tout son chargement. Plusieurs essais infructueux, la solidarité masculine aidant, il est enfin reparti après 1 heure ½ d'efforts. Mais la nuit commence à tombée, le bus terminera tout de même son trajet avec plusieurs passages difficiles, traversées de rivières, slaloms entre les éboulis … Il est 20 heures environ, la nuit est tombée depuis 2 heures, les larmes aussi dans ce bus devant tant de frayeurs pour les touristes que nous sommes. Tous HEUREUX et SOULAGES d'être enfin arrivés, et surtout en Vie. Suicidaire, nous l'appellerons ce trajet en bus. Pour notre part, avec Thomas et Nora, un couple de Suisse-Allemand, nous décidons sans hésiter de réserver et de partager un 4X4 pour le chemin du retour.

vendredi 9 septembre 2011

Bulgarie...



Après notre entrée par les « Portes de fer » et après quelques étapes à vélo plutôt monotones (longues lignes droites et plaines à perte de vue),  nous sommes passés côté Bulgare.
De plus, la haute fréquentation touristique du mois d'août le long de la Mer Noire, synonyme de grand trafic sur les routes, de tarifs d' hébergement beaucoup plus élevés, de campings bondés …, nous avons décidé de modifier notre itinéraire.
Bulgarie : ce pays nous évoquait notre enfance et « le problème de la fameuse vache  la Noirode » (dans l'île Aux Enfants »), qui devait y aller pour faire du yaourt ?!!, le « Mystère des Voix bulgares » ou bien encore les origines de Sylvie Vartan et rien de plus ...
C'est donc par la façade nord, le long du Danube, région la plus pauvre du pays, que nous l'avons abordée. Puis par le centre dans la « Vallée des Roses » pour terminer par la capitale, Sofia, et en chemin, visites de monastères orthodoxes. Nous avons emprunté des routes dans un très mauvais état,  tout en relief,  très peu fréquentées mais où la circulation  est plutôt sage et respectueuse à notre égard.
Comme beaucoup d'ex-pays du bloc de l'Est, et la Bulgarie en particulier, elle semble coincée entre deux mondes économiques. D'un côté, de vieilles bâtisses communautaires en béton, froides et sans âmes trônent encore dans les villes et villages.  Les troupeaux sont encore gardés dans leur pâture par leur propriétaire, le fourrage est transporté dans une charrette en bois tractée par un âne ou un petit cheval (mais l'on croise aussi de grandes moissonneuses)... Et de l'autre, fast-food et boutiques de prêt à porter de grandes enseignes sont bien présents dans les rues commerçantes.
Mais c'est ce côté un peu décalé de l'arrière pays qui nous a séduit, préférant se poser quelques jours dans ces villages un peu reculés où le temps semble s'être arrêté. Et en bonus, nous avons eu un Accueil aussi chaleureux qu'en Serbie.
Nous avons été très touchés par ces deux pays, lesquels sont sans hésiter, nos deux gros coups de cœur sur notre parcours de l'EuroVélo6.